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EuropaCity : le projet nuisible

Le magazine du CPTG : l’essentiel d’EuropaCity

Distribué en avant première lors de la conférence-débat du 23 mai, le magazine du CPTG vous permet de comprendre tous les enjeux d’EuropaCIty en quelques pages : Emploi, formation, agriculture, énergie, transports, culture, démocratie.

L’essentiel d’EuropaCity est une publication du Collectif Pour le Triangle de Gonesse.

 

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Directeur de la publication Bernard Loup, co-président du CPTG
Rédactrice en chef Marion Robert
Direction artistique – Photographies : Yann Guillotin
Ont participé à ce numéro Guido Barbisan, Alain Boulanger, Pascal Durand, Guillaume Faburel, Yann Fievet, Benjamin Giron, Florence Godinho, Claude Loup, Jacqueline Lorthiois, Blaise Martin, Jean-Yves Souben, Robert Spizzichino, Jacques Viveret, Jean-François Wolff
Parution mai 2016

SOURCE

Du nouveau sur l’îlot Busso

Mémorandum, réunion du 12 Mai

Un rappel IMPORTANT : la ville du Pré Saint Gervais est la deuxième ville la plus dense de France

Le terrain des anciennes salaisons Busso est la dernière opportunité foncière de cette importance au Pré Saint Gervais, et se situe en plein cœur du centre-ville.

La ville se doit donc d’en garder la maîtrise à plusieurs égards et notamment de veiller à ce que ne soit pas réitérée une erreur urbanistique et historique comparable à celle de la Zac du centre-ville ( densité extrême, hauteur, ensoleillement, nuisances, délinquance, aspect architectural avec les répercussions sur la qualité du cadre de vie pour les résidents ,les riverains et l’ensemble des Gervaisiens).

C’est pourquoi , en conscience, toute demande d’autorisation de construire, concernant cette emprise foncière exceptionnelle, devrait se voir opposer un refus, et à tout le moins un sursis à statuer pendant la révision du PLU décidée le 13 Octobre 2014.

Il encore temps avant que ne soit adoptée cette révision

Cette période serait mise à profit pour organiser des discussions ouvertes et loyales qui doivent s’engager avec les Riverains directement impactés et non seulement eux, en vue d’adapter le cadre de vie futur à leurs souhaits et à leur envie de vivre mieux dans un cadre qui ne soit pas une cité dortoir déshumanisée qu’est déjà devenu le Pre Saint Gervais.

00- Espace vert largement plébiscité en lieu et place de toute construction

Conservation souhaitée d’une partie remarquable de l’usine témoignant du passé industriel du lieu.

Ce lieu pourrait être aménagé pour de multiples utilisations possibles et à définir.

Le Pré manque cruellement d’espaces verts ouverts aux Gervaisiens, il est donc indispensable d’y créer des espaces de respiration libres de toutes constructions

La ville a le devoir de s’en donner les moyens.

Il s’agit là d’un projet de Ville et cette emprise foncière ne peut et ne doit en aucun cas être livrée aux promoteurs pour lesquels seule compte l’économie d’un projet.

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Nonobstant,

les points qui font débat face au projet ( petit film d’animation) qui a été présenté aux représentants de l’association par les promoteurs:

Nous avons souhaité avoir des informations complémentaires telles que plan masse, élévations, coupes,…répartition des lots, nombre de studios, 2,3,4 pièces, des appartements en duplex sont-ils prévus ? Qualité des matériaux mis en œuvre pour les façades…

A ce stade, ces documents ne nous ont pas été communiqués, alors que la  demande d’autorisation de construire est en passe d’être déposée, la promesse de vente signée prévoyant comme date limite de dépôt du P.C. Le 15 Septembre 2016 (source Promoteurs).

Le petit film, certes très bien fait, on s’en doute, ne  dévoile pas, loin s’en faut, tous les aspects du projet.

Dans son ensemble, ce projet nous est apparu d’une qualité architecturale loin d’être satisfaisante, voire très médiocre.

01- La destruction  Ipso facto du mur végétalise n’est pas souhaitée.

02 – L’ensoleillement n’est pas préservé pour les riverains rue Colette Audry et Gabriel Péri, conséquence de la hauteur R + 4 soit 15 m et de l’implantation en limite: économie du projet obligé.

03- L’implantation d’un Gymnaste/Stade ou d’un Stade / Gymnase à cet endroit en plein cœur d’une résidence est ni justifiée ni appropriée, cf. Nuisances pour les résidents et les riverains.

Reste à préciser la prédominance des 2 fonctions.

De surcroît, un stade de Hand Ball, puisque c’est ce dont il s’agit, nécessitera pour être homologué et pour y accueillir des compétitions départementales, un certain nombre de contraintes au nombre desquelles figure, nous semble-t-il, un minimum de 250 places assises pour les spectateurs. Cf. Document annexe.

Il faut également compter sur des vestiaires, des douches, une estrade officielle…

Une infrastructure pour y accueillir le public, et notamment des places de stationnement

Or, nous dit-on , seules 6 places de parking sont prévues!

Quid alors des déposes minute, des bus et de l’inévitable stationnement sauvage, etc…

Manifestement, aucune  étude n’a été menée sur ces points.

Nous sommes tout à fait d’accord pour comprendre que les créneaux horaires des équipements sportifs existants sont saturés , ou en passe de l’être, pour les scolaires. Cependant il serait peut-être plus judicieux de regarder les possibilités d’extension des gymnases Séverine et Nodier, ce qui par ailleurs permettrait une mutualisation des personnels.

Mais alors, densifier encore plus nécessitera encore plus de créneaux horaires, encore plus de places dans les crèches qui font aussi cruellement défaut au Pré, encore plus de places dans les écoles,… Où voulez-vous vous arrêter sur un territoire qui n’est pas extensible.

Densité du Pré Saint Gervais: 25 583.habitants par km²  sur un territoire de 72 ha.

A rapprocher de celle des communes voisines, voir document annexe.

Où voulez-vous nous mener, quelle est votre vision du Pré à moyen terme et après vos mandatures?

S’il est admissible que la proximité immédiate est un argument pour un gymnase destiné aux scolaires, Nodier et Séverine étant notamment bien situés sur le territoire, elle n’est pas prédominante pour l’implantation d’un stade de Hand ball.

Concernant ce stade de Hand ball, pourquoi ne pas regarder du côté du territoire d’Est Ensemble, et plus particulièrement le long du canal de l’Ourcq ou de nombreuses friches offrent de belles opportunités, bientôt desservi par le nouveau tram T zen 3. Les habitants du Pré, pourront ainsi rejoindre facilement cet ensemble sportif.

04- La densité  et la hauteur (R+4 soit 15m ) sont excessives, proches de celles de la Zac du centre-ville, côté rue Colette Audry ( 121 lots ): la zac comportant par ailleurs quelques 440 lots soit sur un permettre restreint près de 600 lots. La leçon n’a pas suffi et on se prépare de nouveau à des erreurs irréparables.

Nous mesurons et subissons maintenant et pour longtemps toutes les nuisances de la Zac du centre-ville.

Une opération de réhabilitation menée par Osica vient juste de démarrer pour tenter de réparer les erreurs du passé, mais on n’élargira ni la rue André Joineau, ni le trottoir sur lequel le moindre faux pas peut être fatal à celui ou à celle qui ne prendrait pas garde au passage des 170 ou des voitures à des vitesses excessives.

Densité prévue du projet Busso: 140 lots, soit 9500M2 de surface de plancher et seulement 350 M2 de locaux d’activité sur la rue Danton, des appartements en RDC le long de la rue Colette Audry, interdits maintenant à Paris ainsi que dans de nombreuses villes.

On en mesure maintenant les inconvénients pour les résidents, cf. ceux  existants de la rue C.Audry.

Nous avons là un bel exemple de ce qu’il ne faut pas faire et que nous nous préparons à réitérer.

Des locaux d’activités sont nécessaires au Pré et seraient parfaitement adaptés en RDC.

05- Absence de toitures végétalisées et toitures disgracieuses, on va à contre sens de ce qui se fait et est préconisé partout ailleurs, et pourquoi aller à l’encontre des recommandations émises dans le PLU.

Y’aurait-il une malédiction qui frappe le Pré Saint Gervais.

Regardons ce qui se fait  ailleurs, à Pantin par exemple,…et prenons modèle.

06- L’alignement en limite rue Gabriel Péri n’est pas pertinent (économie du projet=densité, oblige).

En effet, il est en complet décalage avec le nu des façades de la copropriété sise rue Gabriel Péri de l’autre côté de la rue C.Audry.

La perspective dans ce sens de la rue bute alors sur un pignon.

Pourtant des réserves ont été instaurées dans le PLU un peu plus loin au niveau du N° 29 au motif de l’élargissement de la rue Gabriel Péri. cf. Documents graphiques du PLU, emplacement réserve N° 2

Une implantation à l’alignement du nu des façades de la copropriété (citée ci-dessus) ne donnerait pas une impression de bétonnage, laisserait une perspective plus ouverte et permettrait la réalisation de trottoirs plus confortables et la plantation de végétaux dans l’axe de ceux existant rue Gabriel Péri.

Nous déplorons tous l’étroitesse de la rue André Joineau alors qu’il était tout à possible à l’époque d’envisager une mise en retrait des façades lors de l’étude de la Zac.

Nous aurions alors aujourd’hui une rue qui ne donnerait pas cette impression de couloir débouchant sur le centre-ville.

07-L’implantation d’un jardin partagé dans la résidence est une idée très intéressante et généreuse mais quid de la tranquillité des futurs résidents qui, en plus du Gymnase/Stade et de ses activités plus ou moins bruyantes selon le score des uns ou des autres, se verront aussi imposer la présence de jardiniers et la visite de groupes scolaires ou autres.

Le jardin partagé a t-il été prévu de concert avec le Pouce Vert ou une autre association?

L’Amicale des Riverains du Projet Busso

 

Site web de l’Amicale.

Page FB

à suivre…

Lettre au Maire

Courrier envoyé au Maire du Pré Saint-Gervais le 18 février 2016

Monsieur le Maire,

Un document sur le nouvel îlot Danton a été diffusé via les boîtes aux lettres de notre ville. Notre association Le Pré en Transition étant nommée dans ce courrier adressé aux Gervaisiens, nous nous permettons de vous rappeler notre position sur le projet de transformation de cet espace.

Nos remarques et propositions ont été communiquées et enregistrées le 5 novembre 2014 lors de l’enquête d’intérêt publique. Vous trouverez ci-joint copie du dossier qui vous a déjà été remis à cette période ainsi qu’à l’ensemble des élus et des associations de la commune.

Intitulé « De l’îlot Danton à la Place Danton » notre projet s’inscrit dans une perspective de changement radical en phase avec les nécessités vitales de demain : qualité de vie, santé, renforcement du lien social… à la hauteur des enjeux sociétaux et environnementaux propres au Pré St Gervais. Cette dimension n’a pas été prise en compte dans le projet initial.

Notre réflexion en vue de la création d’une nouvelle place publique fédérative, La Place Danton, s’est nourrie des conseils d’un cabinet d’architecture urbaniste paysagiste, Mélanie Drevet, spécialiste de la restructuration de quartiers. Avec une vision d’avenir, le projet rend place aux piétons et répond à la problématique actuelle du Pré avec l’aménagement d’un jardin public sur une portion de la rue Danton en vue d’agrandir significativement l’espace et de prolonger harmonieusement le jardin partagé en le préservant (voir plan).

La réorganisation d’un espace public induisant la limitation de la circulation d’une rue ou son détournement, est à considérer comme une opportunité propice à la gestion des résistances qui en découlent. La durée des travaux donne aux automobilistes, aux riverains et aux habitants le temps de s’adapter aux changements et de prendre les marques de nouvelles habitudes.

La mobilisation des moyens techniques, grues et blocs de chantier, placés sur une partie de la rue Danton et non dans le jardin, habituera les automobilistes à emprunter d’autres itinéraires pour rejoindre l’avenue Jean Jaurès, et accoutumera les habitants à une nouvelle perspective avec une Place Danton où ils pourront à juste titre profiter d’« un (véritable) espace de respiration au coeur du Pré St Gervais ».

Cette option qui préserve et respecte la biodiversité du jardin actuel, est aussi une façon de reconnaître la clairvoyance de ses bénévoles qui ont travaillé à la constitution de ce patrimoine, notre bien commun, ouvrant ainsi la voie à la transition au Pré St Gervais, en contribuant activement à la réduction d’émission de gaz à effet de serre.

«  (…) la qualité de l’air, les êtres vivants, la biodiversité font partie du patrimoine commun de la nation Cette souveraineté implique une responsabilité par rapport à la protection et à la gestion durable de ce patrimoine. » (Projet de loi biodiversité mars 2014, p. 10)

La COP 21 a définitivement ouvert la voie à une prise de conscience de tous sur la gravité des enjeux écologiques et environnementaux. Aussi pensons-nous, Monsieur le Maire, que le réaménagement de l’îlot Danton en Place Danton, est une occasion unique pour mettre en œuvre une politique novatrice, résiliente et exemplaire, contribuant à réduire les émissions de GES, la pollution et ses conséquences pour la santé de ses habitants, de renforcer le lien social et la dimension pédagogique entre l’homme et la nature.

La Collégiale de l’association Le Pré en Transition

Fermeture du jardin partagé !

Un message de l’association Pouce Vert.

Chers Adhérents et Amis du Pouce Vert,

Malgré tous nos efforts et réunions pour négocier la survie du jardin depuis 3 ans, la décision finale de la Municipalité est tombée comme un couperet le lundi 16 novembre :

le 31 mars 2016,
le jardin sera fermé jusqu’en 2018
et remplacé par un chantier.

Nous vous proposons une
réunion publique
le jeudi 17 décembre à 20h

à la Terrasse
de la Maison des Associations Gervaisiennes
place Anatole France

Pour discuter ensemble de cette situation :

Quel avenir voulons-nous
pour ce jardin ?

Nous vous attendons nombreux !

Toute l’équipe du Pouce Vert

Repair Café au Pré

Un message de l’association “Ecologie au Pré pour tous”

« Ecologie au Pré pour tous » accueille à nouveau le Repair-Café de Pantin

Samedi 12 décembre de 14h30 à 18h Espace Danton

L’accueil réservé à la première session qui a eu lieu en octobre a été très bon …  plus de 30 objets ont été amenés et 17 ont pu être réparés …d’autres sessions seront organisées en 2016. Notez déjà les dates sur vos agendas :

13 février + 11 juin + 8 octobre + 10 décembre … et en avril un « Repare-Vélos » !

ReparCafe2

La Ruche Qui Dit Oui ! Des éco-millionnaires, des bobos et les gogos de la farce…

Comment une start up, parrainée par des millionnaires chevronnés (dont Xavier Niel /Free et Marc Simoncini/Meetic), dévoie des principes des AMAP pour s’enrichir sous couvert de relocalisation, d’économie sociale et solidaire, écologique et équitable.

Cet article a été publié en octobre 2014, il pointait les dérives de récupération des circuits courts alimentaires. Il intègre l’analyse faite par les défenseurs d’une éthique dans les AMAP, ce greenwashing est plus que jamais d’actualité…

En juin 2015, moins d’un an après sa rédaction, la société de courtage Equanum, éditrice de la plateforme internet la Ruche-qui-dit-oui, a réussi sa troisième levée de fonds d’un montant de 8 millions d’euros. Elle ouvre cette fois le capital à l’international avec les fonds de capital risque USV (Etats-Unis), Quadia (Suisse), Felix Capital (Europe) et XAnge. Ces quatre investisseurs sont en droit d’attendre un retour sur investissement de cette start-up à succès, déclarée Economie Sociale et Solidaire…

Autre information troublante, la Ruche-qui-dit-oui animera un déjeuner thématique au Forum OpenAgrifood d’Orléans le 18 novembre 2015 à Orléans, forum co-organisé par Xavier Beulin, Président de la FNSEA et d’Avril, (ex Sofiprotéol, un des opérateurs les plus puissants de l’agro-industrie française). Cet événement est financé par Avril et de nombreux partenaires dont Quick et McDonald. À la lecture du sympathique récit de la Ruche-qui-dit-oui promouvant sur son site de belles valeurs pour « l’avènement d’une production et d’une distribution plus humaines, écologiques et justes » (…) « le modèle agro-industriel dominant ayant largement montré ses dangers et ses limites pour les producteurs comme pour les consommateurs » on aurait pu s’attendre à les retrouver au Festival des Alternatives Alimentaires qui se tiendra au même moment à Orléans.

cc photogreuhphies

LA RUCHE pollinise son économie florissante. Petit tour des propriétaires :

« La Ruche qui dit oui ! est un service proposé par Equanum SAS (éditeur), société co- fondée en novembre 2010 par Guilhem Chéron (Président, diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle, « un passionné de cuisine petit-fils d’agriculteur »1), Mounir Mahjoubi (Directeur général, diplômé de l’IEP de Paris) et Marc-David Choukroun (Directeur général, concepteur de projets digitaux). (…) La Ruche qui dit oui ! a bénéficié d’un financement du fonds « Kima Ventures » de Xavier Niel (Free) et de Jérémie Berrebi (ZDNet), ainsi que de Marc Simoncini (Meetic) et de Christophe Duhamel (Marmiton), tous les deux sur leurs fonds personnels.

(…) le modèle économique de l’entreprise est très intéressant. (…)La Ruche qui dit oui ! pourra se résumer à sa plateforme Internet : ce sont les Reines qui feront le travail (à ce titre, elles doivent être enregistrées au Registre du commerce ou être déclarées en tant qu’auto- entrepreneur : les revenus dégagés ne sont donc pas des revenus nets pour la Reine).

(…) Rappel des différents points forts de cette initiative : une initiative porteuse d’avancées environnementales : promotion de l’agriculture 
biologique et raisonnée, et promotion des circuits courts ; une initiative porteuse d’une consommation « équitable » : par des prix librement 
appliqués par les producteurs et directement discutés avec les consommateurs »  [1]

La Ruche Qui Dit Oui ! est une marque déposée par Equanum, société de courtage [2], éditrice du site web La Ruche Qui Dit Oui ! dont l’activité « pourra se résumer à sa plateforme Internet » et à la puissance de sa communication au coeur de sa stratégie commerciale fondées sur des valeurs porteuses : écologie, circuit-courts, économie sociale et solidaire, synthétisée par leur slogan publicitaire : « manger mieux, manger juste »…

Comment ça marche ?

Un auto-entrepreneur met en relation des clients dans son quartier avec des producteurs via la plateforme Internet La Ruche Qui Dit Oui ! C’est lui qui organise la distribution et touche pour cela une commission sur les ventes ainsi que la société Equanum.

La Ruche Qui Dit Oui ! promeut le circuit-court. Dans les faits, qu’en est-il ? Peut-on parler de circuit-courts quand se greffent trois intermédiaires entre le consommateur et le producteur, comme dans un hypermarché : 1. l’auto-entrepreneur, responsable de sa clientèle de quartier 2. la Société Equanum éditrice du site web La Ruche Qui Dit Oui ! 3. la société Tunz/Ogone (Groupe Belgacom [3]) qui gère les flux financiers [4] via son porte monnaie électronique.

Peut-on également soutenir un discours écologique et « locavore », quand, dans son contrat, un producteur peut livrer sa clientèle située sur un rayon jusqu’à 250 km, soit 500 km aller et retour.

Peut-on promouvoir le « manger mieux, manger juste » quand les producteurs ne sont soumis à aucune limitation de leurs pratiques agro-écologiques sur l’usage de pesticides chimiques de synthèse et d’engrais [5].

En résumé le discours est une pure rhétorique au service d’un marketing à l’efficacité bien rôdée. La presse professionnelle ne s’y trompe pas. La revue LSA, destinée aux acteurs du commerce de la grande distribution (hypermarchés et leurs fournisseurs, agro-industries, agences de communication…) consacre une page entière sur La Ruche Qui Dit Oui ! dans son numéro du 4 septembre 2014 aux titre et sous-titre dithyrambiques : « La ruche qui dit oui ! la start up qui cartonne chez les locavores (…) la start up la plus originale et peut-être la plus prometteuses de la distribution alimentaire. » « …Depuis le lancement de la plate-forme web en septembre 2011, plus de 500 [6] ruches ont ainsi été créées qui reçoivent 50 000 commandes chaque mois pour 2500 producteurs. Une trentaine d’animateurs de ruche en possèdent trois, la limite maximale. Et pour cause, l’affaire peut devenir lucrative. Car le responsable de ruche touche une commission de 8,35 % sur le chiffre d’affaires hors taxe, tandis que la Ruche qui dit Oui ! en prend autant pour son compte. Au final, les producteurs récupèrent 83,3 % des ventes… »

On y apprend aussi dans cette revue destinée aux hommes d’affaires, que chaque année les ventes sont multipliées par trois.

« Cela va très vite, notre organisation est décentralisée et elle demande peu de moyen. Il suffit d’une personne qui a envie de s’investir dans le circuit court », justifie Marc-David Choukroun, co-fondateur du site. 
En 2013, les ventes ont atteint 9 millions d’euros, l’objectif 2014 est donc de 27 millions pour un résultat proche de 2 millions. »

Les affaires vont bien et le concept s’exporte : « Le cap des 80 millions pour 2015 ? La Ruche qui dit Oui ! y travaille d’arrache-pied en créant déjà des filiales en Europe. Après la Belgique et l’Espagne cette année, l’Angleterre et l’Allemagne sont en phase d’approche. »

LSA nous apprend également que « le revenu moyen par ruche est de 400 euros (il a doublé en un an), pour 10 à 15 heures de travail hebdomadaire (…) [7] »

Qui sont les perdants, qui sont les gagnants de ces pseudo Amap version 2.0 ?

Les perdants sont les producteurs et les consommateurs avec un prix du panier mécaniquement plus cher de 20 % [8] qu’en AMAP, mais ce sont surtout ces centaines de petits commerçants et auto-entrepreneurs habilement appelés « reines » dans le système de La Ruche qui dit Oui ! alors qu’ils en sont plutôt les abeilles.

Ce sont eux qui, en vérité, créent le réseau, l’animent et l’organisent. Ils recrutent fournisseurs et clients, trouvent des espaces de distribution, préparent les paniers et les servent avec le sourire comme tout bon commerçant qui veut garder et développer sa clientèle. Bien que le contrat de vente direct oblige, dans les textes, que ce soit le producteur qui remette en mains propres sa marchandise à ses clients.

Ces « reines » besogneuses mettent du coeur à l’ouvrage pour un complément de revenus moyen de 400 € par mois, soit 301,6 € nets, déduction faite des 24,6 % des cotisations sociales, taux appliqué aux auto-entreprises. Le gain net pour « 10 à 15 heures de travail hebdomadaire » est de 6,28 € de l’heure, inférieur au smic.

Ce ne sera pas non plus avec le remboursement de ses frais que la « reine » pourra faire son miel, car, contrairement aux entreprises, ils ne sont pas déductibles. Frais de transports, loyers, communication resteront donc à sa charge, réduisant d’autant son maigre revenu.

Ces auto-entrepreneurs sont-ils conscients que, sous couvert d’un statut à la mode et valorisant [9], leur labeur participe à la création d’un véritable réseau national de distribution ?

Les grands gagnants sont bien sûr les éditeurs du site Equanum qui ont su créer, grâce au web, cette forme de business pyramidal qui, inversé, prend la forme d’un entonnoir qui leur permet d’empocher 8,35 % HT de commission sur chaque vente. Et plus nombreuses seront les petites « reines-abeilles » solidaires, plus ils s’enrichiront.

Pour l’être d’avantage, aux côtés de leurs parrains (Free, Meetic, Marmiton…) peut-être décideront-ils un jour de vendre à prix d’or ces multiples espaces [10] informels de distribution répartis dans toute la France à d’autres parrains encore plus grands qu’eux, tels que Carrefour [11], Leclerc ou Auchan [12]… qui retrouveront ainsi une clientèle qui cherchait à leur échapper !

La SNCF n’a pas fait autrement en rachetant l’été 2013 le site (marchand) de co-voiturage 123envoiture.com [13] (devenue ID Vroom), l’entreprise de location de voiture entre particuliers Ouicar (ex-Zilok Auto) l’an dernier et le spécialiste de l’auto-partage Move About avec d’autres parrains, Total et Orange.

Moins de trois ans après son lancement, La Ruche qui dit Oui ! peut se réjouir de sa politique de relation publique menée avec succès auprès des médias [14]. Son image est solidement ancrée sur les tendances éthiques de la consommation « sociale et solidaire », et du Manger mieux, manger juste assimilé au manger bio qui plus est, sans intermédiaires.

Ainsi, le journal La Tribune titrait dès le 4 janvier 2011, « La ruche qui dit oui lance l’achat groupé bio » [15]. De son côté, Valeurs Mutualistes, magazine des adhérents de la mutuelle générale de l’éducation nationale, titrait dans son article sur l’Économie Collaborative du numéro de juillet/août 2014 :

« La fin des intermédiaires » « … Il suffit de s’inscrire sur le site pour passer commande (…) Chacun s’engage à sa manière : qui en aidant ponctuellement à la distribution, qui en mobilisant son entourage. (…) Objectif, créer, de la sorte, un réseau de solidarité économique et social. »

Dans son élan, le journaliste n’oublie pas d’entonner le refrain marketing proposé par le responsable de communication de la société :

« même philosophie que les amap mais avec une formule plus souple, pour faciliter les échanges » indique Benjamin Hamot, chargé de communication (de la Ruche qui dit Oui !). » [16]

Beau travail de recyclage des valeurs éthiques dont le capitalisme a le secret.

Contrairement aux Amap, La Ruche qui dit Oui ! n’est ni vraiment locale, ni vraiment bio, ni vraiment en circuit court ni vraiment bon marché. Elle est la négation de la consom’action citoyenne qui engage un « amapien » à un producteur.

Pour finir, en comparant la charte des Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne [17] à celle proposée par Equanum sur son site [18], on se demande en quoi cette dernière est engagée, sociale, citoyenne et solidaire…

Olivier et Sophia Lamri – adhérent-e-s des Amis de la Conf’

Notes

[1] Bottollier-Depois François, Fiche initiative HEC : « La Ruche Qui Dit Oui ! » – Janvier 2012 Observatoire du Management Alternatif

[2] Une société de courtage est une entreprise qui sert d’intermédiaire pour une opération, le plus souvent financière, entre deux parties.

[3] Tunz.com et Belgacom, (équivalent de Orange en Belgique) ont élargi leur accord commercial privilégié afin d’étendre leur collaboration aux activités de paiement mobile en Belgique et au Luxembourg.

[4] le délai de 20 jours entre le paiement du consommateur et le règlement au producteur offre à Tunz une confortable opportunité de trésorerie à placer. Cette mécanique permet aux grandes surfaces de placer sur les marchés financiers des masses d’argent colossales. Les produits achetés et payés « cash » le jour même par les clients (près d’un million par jour dans un hypermarché Carrefour cf Figaro.fr) sont payés 45 ou 60 jours plus tard aux fournisseurs. La grande distribution tire l’essentiel de ses marges de ces placements financiers.

[5] Cf sur le site La Ruche qui dit Oui ! Le guide des fournisseurs du site et Charte entre les trois parties : Auto-entrepreneur/Fournisseur/Editeur

[6] Au 20 septembre 2014, le site La Ruche Qui Dit Oui ! annonce 566 lieux de vente dénommés « ruches », et 183 en cours de création.

[7] LSA 4 septembre 2014 « La ruche qui dit oui ! la start up qui cartonne chez les locavores

[8] Montant TTC des commissions reversées par le producteur à l’animateur de la « ruche » et à Equanum

[9] « (…) en dépit des avantages indéniables qu’il apporte à qui veut se lancer sans grand risque dans l’aventure entrepreneuriale, il ne brille pas vraiment d’un point de vue économique. Chez les auto-entrepreneurs, la précarité n’est pas une exception. Plus de 48% d’entre eux ne tirent en effet pas le moindre revenu de leur activité ». http://lentreprise.lexpress.fr/gestion-fiscalite/fraude-a-la-secu-les-auto-entrepreneurs-et-travailleurs-detaches-dans-le-viseur_1576683.html#t4YckYGyDEtoA4rR.9. Pourtant, les états modernes font l’apologie de ce statut. Il a représenté la moitié des créations d’emplois en Grande Bretagne en 2013. Ils sont près du million en France. Ce statut peut-être une forme de salariat déguisé permettant aux entreprises d’alléger leurs « charges sociales ». Le même travail acheté à l’ancien salarié passé auto-entrepreneur coûte moins cher. La Cour des Comptes l’a dénoncé dans son dernier rapport sur la fraude fiscale (septembre 2014). Elle affirme que, sans encore pouvoir le chiffrer, ce statut participe à la fraude qui, au total, dépasserait en France les 20 milliards d’euros.

[10] La valeur de cette entreprise de distribution est d’autant plus intéressante qu’elle ne nécessite aucuns investissements immobiliers lourds, trouver les « murs » étant la charge des « reines ». C’est un modèle « click and mortar » (commandes par Internet retirées en magasins) idéal où il n’y a même pas de mortier à couler !

[11] Bernard Arnaud (LVMH) est le plus gros actionnaire

[12] Auchan appartient au groupe familial Mulliez (comme Décathlon, Leroy Merlin, Kiloutou, Norauto, Flunch, St Maclou, Kiabi, Phildar, Boulanger… et le projet EuropaCity du triangle de Gonesse, s’il voit le jour)

[13] Le Monde 9/09/2013

[14] Rappelons que les principaux actionnaires à l’origine de cette « start up » sont aussi actionnaires de médias : Xavier Niel, co-propriétaire du Monde et actionnaire de Médiapart, Jérémie Berrebi (ZDNet), Marc Simoncini (Meetic) et Christophe Duhamel (Marmiton)

[15] Bottollier-Depois François, Fiche initiative HEC : « La Ruche Qui Dit Oui ! » – Janvier 2012 Observatoire du Management Alternatif

[16] Valeurs Mutualistes N° 291 juillet/août 2014 page 8

[17] www.reseau-amap.org/docs/chartedesamap.PDF

[18] www.laruchequiditoui.fr/

Source

Sauvons le climat, pas les parkings !

Soutenons R-URBAN, une initiative professionnelle et citoyenne devenue référence internationale en matière de résilience urbaine, et convainquons la Mairie de Colombes et les autres autorités publiques de l’intérêt général de préserver ce projet dont le site principal sur la ville de Colombes risque d’être affecté bientôt à un parking temporaire.

R-URBAN a été initié par l’association Atelier d’Architecture Autogérée (AAA) avec l’objectif de créer des opportunités pour les citoyens de changer leur mode de vie et de développer des activités résilientes: préservation de ressources, recyclage, dépollution sur place des eaux usées, économie sociale et solidaire, éco-construction, agriculture urbaine, habitats partagés écologiques, transports doux, réduction d’émission de C02, etc.

A partir de 2009, AAA a développé différents partenariats pour initier et financer les premières unités de résilience urbaine à Colombes (92) dans le cadre d’un projet Life+ de la Commission Européenne pour la gouvernance environnementale.  Les partenariats du projet incluent la Mairie de Colombes (240.000€), Public Works et AAA qui a réussi à mobiliser des financements de plus de 1.240.000€ (Ministère de l’Écologie, Communauté Européenne, Conseil Régional Ile-de-France, Conseil Départemental 92, Fondation de France, etc.)

En 2013 nous avons finalisé les premières Unités R-URBAN à Colombes: Agrocité (Unité d’agriculture urbaine et de pédagogie environnementale) et Recyclab (Unité de recyclage, ESS et éco-construction). Actuellement, quelques centaines d’usagers développent des activités régulières (maraîchage, apiculture, école du compost, poulailler, AMAP, recyclage de déchets locaux, éco-design, réduction de déchets organiques, etc.).  Une dizaine de personnes ont pu être salariées de façon permanente ou temporaire sur ce projet. Le bilan écologique est impressionnant : réduction par 6 fois des émissions de CO2/an des usagers de l’Agrocité, 24t/an de déchets organiques recyclés, 50t/an réduction consommation d’eau, 3t/an production locale de légumes bio, etc. 

Par leur caractère novateur et pionnier, l’Agrocité et Recyclab attirent de nombreux visiteurs (professionnels, municipalités, étudiants, promoteurs, chercheurs, etc.) venant des communes voisines mais aussi d’autres villes de France, d’Europe et d’autres continents (Harvard GSD, MIT, UCL Londres, U Sheffield, U West Sydney, Municipalité de Séoul, Municipalité de Montréal, MoMA New York, etc). De même que Fribourg, BedZed, Hamarby, R-Urban Colombes est devenu actuellement une référence en matière de résilience urbaine, la démarche de AAA étant consacré par des nombreux prix internationaux : Zumtobel, Curry Stone, EIB Social Innovation, Prix Européen de l’Espace Public, etc).

Pour avancer vite et expérimenter l’implémentation de ce type d’activités pionnières, les deux unités ont été développées sur des terrains municipaux disponibles de manière temporaire. Les bâtiments des deux unités sont relocalisables à moyen terme dans le cas ou des projets municipaux de plus grande envergure apparaitraient sur ces sites.  Ces terrains ont été proposés par la Municipalité qui s’était engagée fermement dans le cadre du contrat Life+ d’assurer la dissémination et la durabilité du projet.

De façon inattendue,  après les élections de mars 2014 et le changement d’équipe municipale, la Mairie de Colombes, partenaire du projet Européen en cours, a demandé en juin 2014, sans motivation, le départ de l’Agrocité de Colombes. Actuellement, le départ a été reporté pour septembre 2015 avec la motivation d’installer un parking privé temporaire pour 2 ans. Cette décision est d’autant plus paradoxale que, après ces 2 ans proposés pour le parking, le terrain sera de nouveau inutilisé au moins jusqu’en 2018. AAA a répertorié plusieurs terrains disponibles aux alentours et propose l’installation du parking temporaire sur un terrain vide en permettant ainsi de continuer le développement de l’Agrocité avant une relocalisation possible si un projet durable le nécessite. Sans raison concrète, la Mairie demande également de déménager Recyclab avant 30 septembre 2015 !

Nous avons deux mois pour sauver R-URBAN et convaincre la Mairie et les autres autorités de l’intérêt général de préserver l’Agrocité et Recyclab et de préparer des nouveaux sites pour une relocalisation future convenable  sur la ville de Colombes, quand des nouveaux projets durables seront actés.

Au delà de R-URBAN Colombes, il s’agit de créer une plateforme pour les bonnes pratiques d’écologie urbaine, de retissage social, de création d’emploi et de renforcement de l’économie locale, de réduction des déchets et de la pollution, de lutte contre le changement climatique, de préservation de la biodiversité, de développement de la résilience citoyenne, etc.

En signant notre pétition, vous soutenez une autre manière de concevoir et pratiquer la ville. Ensemble nous espérons ainsi de réussir à faire entendre d’autres initiatives citoyennes et professionnelles au delà des intérêts de court terme qui affecte gravement le durabilité de nos milieux de vie.

 

Pour soutenir R_URBAN, en plus de signer cette pétition, vous pouvez aussi:

–  diffuser cette campagne

–  demander à vos amis de la soutenir par les médias

– écrire des lettres/emails de soutien (adressées au Maire du Colombes, et copie à AAA)

–  signer la Charte et joindre le réseau R-Urban

Suivez l’actualité R-URBAN sur :

#saveRURBAN  / @rurban_

facebook.com/rurbancolombes

r-urban.net

Pétitions :

Campagne Change.org

YES to R-Urban

agrocite.wesign.it/fr

[Tribune] Îlot Danton : les commentaires du Pouce vert

Pour favoriser l’échange, le débat d’idées et l’imaginaire pour notre ville en Transition, l’association vous ouvre les pages de son site avec cette rubrique “Tribune”. Les propos qui y sont tenus n’engagent que leurs auteurs.

 

Commentaires portés sur le registre d’enquête d’utilité publique, par l’association loi 1901 du Pouce vert (jardin partagé du Pré-Saint-Gervais, occupant à titre précaire de 850 m2 sur l’îlot Danton, depuis 2008, en vertu d’une convention d’occupation précaire avec la municipalité), le mercredi 19 novembre 2014.

 

L ’îlot Danton, situé au cœur de la ville, est entouré par les places de stationnement des deux rues adjacentes : Danton et Pierre Brossolette.

Le projet d’aménagement de l’îlot Danton, présenté à l’enquête d’utilité publique, propose de transformer la rue Danton en l’élargissant et en ajoutant, sur la chaussée à gauche, une nouvelle file de places de stationnement, en plus de la file de places de stationnement déjà existante sur la chaussée, à droite.

Ce projet n’entre pas en cohérence avec l’autre projet, envisagé dans le cadre du PLU 2010, de transformer à moyen terme l’îlot Busso, rue Danton, en futur espace scolaire ou sportif. En effet, l’actuelle rue Danton sera la voie qui bientôt reliera deux espaces scolaires Busso et Brossolette-Danton. Est-il raisonnable de transformer l’actuelle rue Danton en boulevard de voitures ?

Un tel projet paraît un non-sens, quand la France s’apprête à accueillir, en décembre 2015, la 21e Conférence sur le changement climatique : Paris Climat 2015. A cette occasion, il sera une nouvelle fois rappelé l’importance et l’urgence pour les décideurs politiques locaux de s’impliquer activement dans le changement climatique, et de profiter des missions qui leur incombent au niveau local, pour aujourd’hui renoncer aux vieilles habitudes (priorité à la voiture) et oser mettre en place de nouvelles façons d’habiter la ville : priorité aux transports publics et aux modes de transport doux (vélo, transports en commun).

Par ailleurs, l’îlot Danton est destiné à une requalification urbaine depuis des dizaines d’années. En 2008, des citoyens voisins de cette friche urbaine se sont mobilisés en association pour créer un jardin partagé de 850 m2, un lieu végétalisé ouvert à tous.

En quelques années, ce jardin associatif est devenu un lieu de biodiversité urbaine reconnu, où le cycle du vivant a retrouvé toute sa place. Montré et décrit dans plusieurs films et livres, ce jardin expérimente avec succès le recyclage en circuit court des déchets végétaux et organiques ; il est devenu un des lieux de référence en compostage pour les franciliens, et déjà imité dans une ville voisine. Des publics divers s’y rencontrent, confrontent leurs connaissances en matière de culture végétale, leurs pratiques culinaires autour des productions potagères. Les écoliers gervaisiens le fréquentent régulièrement, les habitants demandent des conseils et des matériaux pour leurs plantes et les étudiants n’hésitent pas à traverser Paris pour y venir nourrir leurs thèses*.

La municipalité a désigné un aménageur, Deltaville, pour transformer l’ensemble de l’îlot Danton. Plutôt que d’intégrer le jardin existant du Pouce Vert, il apparaît que le projet soit d’écraser la partie la plus vivante et foisonnante du jardin et de le transformer en jardin public plat avec pelouses et bancs. Une petite partie excentrée serait dédiée à devenir un jardin pédagogique.

Le but d’une requalification urbaine est de répondre aux besoins de la population environnante. La fréquentation assidue du jardin partagé du Pouce Vert par les habitants, montre que plusieurs souhaits des habitants sont déjà exaucés dans l’espace actuel. La volonté de reconstruire à la place et par-dessus, et d’aménager sans y intégrer l’existant, traduit des desseins dans lesquels les habitants ne se retrouvent pas

 

*Cette année, deux étudiantes ont choisi le jardin du Pouce Vert pour élaborer leur thèse : l’une de Paris 1 Panthéon-Sorbonne (Laboratoire dynamiques sociales et recomposition des espaces-Ladyss), l’autre de Paris Sud – MNHN (Muséum national d’histoire naturelle).

lepoucevert@laposte.net, tél. 01 48 46 77 04, 06 52 24 56 21

 

[Tribune] Le mot du Pouce vert

Pour favoriser l’échange, le débat d’idées et l’imaginaire pour notre ville en Transition, l’association vous ouvre les pages de son site avec cette rubrique “Tribune”. Les propos qui y sont tenus n’engagent que leurs auteurs.

 

 

L’année 2014 qui commence sera une année charnière pour l’association et pour le jardin rue Danton. Ce lieu a vu naître des initiatives depuis lors adoptées et soutenues par un grand nombre d’entre vous :

– la récupération et le compostage des déchets verts,
– la collecte et le broyage des sapins de Noël pour recycler ce broyat dans les allées du jardin,
– l’organisation d’ateliers pédagogiques pour les élèves gervaisiens, en accompagnement des enseignants,
– la sensibilisation des petits et grands à l’importance de la biodiversité, expérimentée et constatée sur le terrain,
– l’organisation de rencontres et de fêtes conviviales au jardin, …

Cette aventure engagée en 2008 va vivre une métamorphose en 2014, lorsque seront engagés les travaux prévus sur la parcelle Danton :
– destruction du café de la Poste,
– réaménagement de la circulation rue Danton et rue Brossolette,
– construction d’un immeuble de 12 logements et
– réorganisation du terrain correspondant à l’actuel jardin.

L’architecte et la paysagiste retenus par la municipalité pour mener à bien ce projet, ont présenté leurs propositions lors d’un atelier urbain le 26 novembre 2013. Un autre atelier devrait en principe être organisé par la municipalité au premier semestre 2014.

Si vous êtes adhérent (ancien ou actuel ou futur), si vous êtes intéressé(e) par le jardin et les activités qui s’y déroulent, si vous souhaitez que certaines de ces activités (pédagogiques, conviviales, festives) et certains aménagements (la mare, le compost, l’espace de rencontre et pique-nique, la zone végétale sauvage) soient préservés et intégrés dans le futur chantier, n’hésitez pas à venir faire entendre votre voix à l’assemblée générale du Pouce vert. Cette AG ordinaire se déroulera le mardi 7 janvier 2014 à 20h, à la Maison des associations gervaisiennes. Vous pouvez y participer si vous êtes adhérent du Pouce vert (vous pourrez adhérez sur place en arrivant à l’AG).

Plus vous serez nombreux, plus vous pourrez peser pour que cet endroit soit réaménagé en un espace que vous aurez plaisir à fréquenter, dans lequel vous aurez plaisir à venir rencontrer d’autres habitants.

Vous trouverez plus d’infos sur l’AG dans le document joint.
Au plaisir de vous y voir (à défaut, n’hésitez pas à envoyer ou déposer un pouvoir pour vous faire représenter : il figure dans le document joint).

Anne-laure Stérin
Présidente de l’association “Le Pouce vert”

Le Pouce Vert
jardin partagé du Pré-Saint-Gervais
lepoucevert@laposte.net, tél. 01 48 46 77 04.
Vous pouvez consulter :
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… la page web du jardin
… et suivre avec Graine de jardins l’actualité des jardins partagés