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30 ans de “demain, il sera trop tard!”

Thomas Schauder est professeur de philosophie. Il a enseigné en classe de terminale en Alsace et en Haute-Normandie. Il travaille actuellement à l’Institut universitaire européen Rachi, à Troyes (Aube). Il est aussi chroniqueur pour le site Pythagore et Aristoxène sont sur un bateau.

Chronique Phil’d’actu. A l’occasion de la Conférence de Bonn sur le climat (COP 23), quinze mille scientifiques ont publié le 13 novembre dans la revue BioScience un message d’alerte : nous allons droit dans le mur et à toute vitesse. Bientôt, nous aurons non seulement détruit la biodiversité, mais nous aurons si bien empoisonné les océans, pollué l’eau douce, appauvri les sols et réchauffé l’atmosphère que nous aurons rendu la planète inhabitable. Outre les grandes catastrophes climatiques (montée des eaux, tempêtes, etc.), la famine s’installera, de grands mouvements de migration perturberont les équilibres géopolitiques, des guerres éclateront pour le contrôle des maigres ressources restantes… Et on ne pourra pas dire qu’on ne nous avait pas prévenus !

Mais c’est bien là le problème : nous le savons. J’appartiens à une génération biberonnée à la prévention sur le climat. Les termes « couche d’ozone », « recyclage », « tri des déchets » faisaient parti du fond sonore, déjà dans les années 1990. Nous regardions C’est pas sorcier et Ushuaïa à la télévision et même en cours de SVT. Nous avons vu un nombre incalculable de documentaires et de fictions qui cherchaient à nous alerter, y compris des films grand public comme Wall-E (2008) ou Interstellar (2014). J’ai vu dans mon entourage progresser des messages de décroissance et des pratiques comme le véganisme ou le zéro déchet.

Chez les lycéens, cette sensibilité existe également, quel que soit le milieu social. Quand j’aborde en cours le chapitre intitulé « Le travail et la technique », je constate que mes élèves sont souvent révoltés contre Descartes écrivant que la technique doit « nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature » et qu’ils haussent les épaules en lisant Hans Jonas :

« (…) C’est désormais à partir de nous que s’ouvrent les trouées et les brèches à travers lesquelles notre poison se répand sur le globe terrestre, transformant la nature tout entière en un cloaque pour l’homme.(…) Nous sommes devenus un plus grand danger pour la nature que celle-ci ne l’était autrefois pour nous.(…) C’est nous qui constituons le danger dont nous sommes actuellement cernés et contre lequel nous devons désormais lutter » (Une éthique pour la nature, 1987).

L’économie entière repose sur la consommation à outrance

Le message de Jonas est devenu évident, l’évidence même. Tellement évident qu’on se demande bien pourquoi il faudrait en parler. Car voilà le paradoxe : l’appel des quinze mille scientifiques ne nous a pas choqués. « Demain, il sera trop tard. » On sait. Ça fait plus de trente ans que demain il sera trop tard. Et rien ne change.

De nombreuses raisons s’opposent à ce changement qualifié de « nécessaire » : raisons économiques, politiques, mais aussi éthiques. Notre société s’est construite sur une certaine définition du bonheur et de la liberté et il n’est pas aisé de la remettre en question. Ainsi, cet appel nous demande de changer complètement notre manière de produire et de consommer, et plus généralement notre manière de vivre, en prônant, par exemple, le contrôle des naissances. Savoir qu’il faudrait le faire n’implique ni que tout le monde le puisse, ni que tout le monde le veuille. Comment faire valoir la modération dans une société dont l’économie entière repose sur la consommation à outrance ? Comment ceux qui se sont gavés jusqu’à présent peuvent-ils dire à ceux qui veulent accéder au buffet qu’ils n’en ont pas le droit ?

Cet appel soulève ainsi de nombreuses questions, notamment sur le rôle que les Etats doivent jouer. Car il serait bien illusoire de faire confiance à la capacité des agents à se modérer, en particulier les industries. Il faudrait renforcer la coercition et contrôler drastiquement la production et la consommation. Mais comment pourrions-nous, sans être taxés d’hypocrisie, à la fois dénoncer la coercition du « tout sécuritaire » et la réclamer au nom de l’éthique de la nature ?

Nous interroger sur nos vrais besoins

Pour beaucoup, l’espoir réside dans les initiatives locales et dans la croyance en « l’effet tache d’huile ». Mais il y a fort à parier que leurs effets resteront limités tant que des politiques ambitieuses de rénovation des infrastructures ne seront pas mises en place en faveur des énergies renouvelables, de la rénovation des logements, et j’en passe. C’est aussi du côté du gaspillage industriel qu’il faudrait se tourner, produire moins et produire mieux. Or on voit bien que les politiques publiques et industrielles ne vont pas dans ce sens.

Nous avons donc toutes les raisons de désespérer. Mais aussi toutes les raisons de nous mobiliser. D’abord en nous remettant nous-mêmes en question, en nous interrogeant sur nos vrais besoins et en résistant aux injonctions de la publicité. Car il est aussi malhonnête d’affirmer que « si on veut manger bio, on le peut » que de fermer les yeux sur le fait que certains sont prêts à s’endetter pour l’achat du nouvel iPhone. L’hypocrisie vient du fait que nous ne sommes pas mus uniquement par notre raison, mais par nos désirs et nos craintes.

Il conviendrait aujourd’hui, plus que jamais sans doute, de prendre conscience du fait que nous sommes tous à la fois victimes et complices des structures économiques qui ont fixé le degré de bien-être à la quantité de gaspillage. Cette « servitude volontaire », comme la qualifiait La Boétie au XVIe siècle, doit être combattue en nous-mêmes parce que ces structures ne changeront que si elles y sont contraintes. Et elles ne seront pas contraintes par les professionnels de la politique, car bien rares sont ceux qui annoncent vouloir combattre l’idéologie de la croissance. C’est donc à nous, les citoyens, d’exiger d’eux qu’ils le fassent. Mais, encore une fois, ce ne sera pas chose facile.

Désirer un meilleur avenir, c’est-à-dire une meilleure qualité de vie, voilà l’enjeu. Cela passera nécessairement par des sacrifices et il faut que ceux-ci soient consentis à tous les niveaux, y compris par les plus fortunés. Car ce sont eux qui coûtent le plus cher à la planète. L’enjeu n’est pas la sauvegarde des baleines ou des ours polaires, mais la survie du genre humain.

Un peu de lecture ?

— Etienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire, Mille et une nuits, 1997.

— Hans Jonas, Le Principe responsabilité, Champs Flammarion, 2013.

Source 

Merci à tou·te·s les participant·e·s…

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Photos Raphaël Daniel

 

Source RapTz

…vous avez fait de cette 3e Fête de la Transition au Pré un vrai succès !

Tous nos remerciements à :

Les Enfants du Jeu de Saint Denis, la troupe Mystère Bouffe, La rue est à nous, La Pêche monnaie locale, Électrons solaires 93, les Objecteurs de Croissance, La Requincaillerie, La CyclOfficine de Pantin, Écologie pour tous au Pré et son ReparCafé, Alti Mentri, Cosmétique BIO, Audrey Bigot Designer, L’Etabli sérigraphie , Les Fourmis Vertes, La Fleur en Coton, le Jardin Divers, La Paille et le Mil, Jean-Baptiste Flamin (Pâtisserie vegan), Les Copains d’Abord, l’amap du PréVert, Les Lilas Debout, Biblio DeboutRapTz, Est Ensemble, La Mairie du Pré Saint Gervais, Biocoop, Vodka Klezmer Band, Potlacht, Latiniasse et ses musiciens, Mathilde de Yoga-Là, et toujours nos Poules fidèles au rendez-vous et à ceux qu’on oublie !

N’hésitez pas à nous laisser vos commentaires…

Fête de la Transition
30/09/2017

INVITATION

FÊTE DE LA TRANSITION

samedi 30 septembre 2017
de 10h à 17h
Square Edmond-Pépin
au Pré Saint-Gervais

Buffet à prix libre, Tombola gratuite, jeux pour enfants, atelier bricolage, jardin, cuisine, vélo, concerts, monnaie locale, conférences et échanges…
Sous le signe de la BONNE HUMEUR !

Retrouvez de nombreuses associations présentes ce jour-là autour de grandes thématiques :

Manger sain et local > AMAP, cantine bio…

Recycler > Réduire, réutiliser, revaloriser, réparer, cuisiner anti-gaspi…

Ralentir > moins de Co2, vélo, zone piétonnes, s’amuser sans consommer

Cultiver la ville > ruches, jardins partagés, arbres comestibles, partager les savoirs…

Composter > réduire ses déchets, créer de l’humus…

Réfléchir  > conférences, débat, films

Relocaliser nos échanges > réduire notre empreinte sur la terre, monnaie locale, l’économie réelle contre la spéculation…

 

Le Pré en Transition contre EUROPACITY

Article Le Monde - 21 mai 2017

Mobilisation contre le mégaprojet Europacity dans le Val d’Oise

Porté par Auchan et un investisseur chinois, soutenu par la région Ile-de-France et l’Etat, ce projet consommerait quelque 700 hectares de terres agricoles.

Aux cris de « des radis, pas des caddies » ou « des patates et des radis, non à Europa City », des centaines de personnes ont manifesté, dimanche 21 mai, jusque dans le centre-ville de Gonesse (Val d’Oise) pour clamer leur refus d’un projet d’hypercentre commercial promu par le groupe de grande distribution Auchan.

Organisée par le Collectif pour le triangle de Gonesse (CPTG), la manifestation, qui s’est déroulée dans une ambiance bon enfant et sous un soleil de plomb, était soutenue par de nombreuses organisations, dont France nature environnement (FNE), Les Amis de la terre, la Confédération paysanne, Solidaires, la CGT d’Ile-de-France ou encore Attac, Biocoop et le réseau d’Amap. Venus en car de Nantes, les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont aussi marqué leur solidarité contre un autre « projet d’artificialisation de terres agricoles ».

« Les similitudes sont nombreuses entre nos combats, explique Julien Durand, l’une des figures historiques de l’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport (Acipa). Les décisions sont prises par des grands groupes financiers, Vinci chez nous, Auchan ici. » Pour entretenir ces liens de solidarité, le CPTG et la lutte de Gonesse seront les invités d’honneur du rassemblement annuel qui se tiendra sur la « zone à défendre » (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes, les 8 et 9 juillet.

3 décharges, 2 aéroports et 2 autoroutes

Dans le triangle de Gonesse, l’enjeu n’est pas un aéroport. Celui-ci est déjà construit, à Roissy et les avions survolent sans relâche la zone. « Nous avons trois décharges, deux aéroports et deux autoroutes sur notre petit territoire, ça suffit, il faut s’opposer à ce projet nuisible et très coûteux », tonne dans la sono le président du CPTG, Bernard Loup. Ce projet devrait bénéficier d’« un milliard d’euros de financement public » pour construire une gare, destinée à desservir un centre commercial géant, ainsi qu’un parc d’attractions climatisé. Une piste de ski artificielle a même un temps été envisagée.

Soutenu par l’Etat et la région Ile-de-France, le projet de 3,1 milliards d’euros est porté par Immochan (filiale d’Auchan) et un investisseur chinois, Dalian Wanda, spécialisé dans l’immobilier et le divertissement. Avant de voir le jour en 2024, il aura consommé 701 hectares de terres agricoles.

Si aucune ZAD ne s’est installée sur ces lieux immenses où pourrait être construite cette vaste zone d’activité commerciale et hôtelière, la guérilla juridique est, elle, bien engagée. En mai 2016, le député européen écologiste Pascal Durand a saisi la Commission des pétitions du Parlement européen pour violation par le projet du Triangle de Gonesse de plusieurs directives européennes, notamment – comme pour Notre-Dame-des-Landes – l’absence d’évaluation globale du caractère cumulatif des différents projets (ZAC, Europa City, Golf de Roissy, ligne 17 du futur métro du Grand Paris Express qui desservirait la gare de Triangle de Gonesse et qui a été déclarée d’utilité publique le 16 février).
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Une très belle Fête de la Transition !

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De très bons souvenirs pour cette 2e Fête de la Transition au Pré Saint-Gervais.

Merci à tous les participants : Les Fourmis vertes, la CyclOfficine de Pantin, Débrouille et Cie, OHU-ID, la Requincaillerie, Ecologie pour Tous, Energie solaire 93, Est-Ensemble, service Développement durable de la ville du Pré, Altri-Menti, Retour des sens, la Pêche Monnaie locale, les Enfants du jeu, la Paille et le Mil, les Copains d’abord, la ferme de Marconville, l’AMAP PréVert, Alternatiba Paris, la ruche pédagogique d’Anne & Philippe…

Merci aux musiciens et chanteur : Jean-Paul Miotto (chant et guitare ), Fred Hoarau (chant et guitare ), Latiniasse (chant et guitare) avec Jo Jox à la batterie, Leïla Pradel et Paméla Bernfeld (violon), Tom Nouvian (batterie)…

Merci aux services techniques de la ville du Pré pour leur aide.

Merci à tous les Gervaisien(ne)s !
Merci à nos poules (1 œuf de pondu pendant la fête!) qui nous accompagnent depuis 2014 !

(Photos Raphaël Daniel)

CUMUL DE NUISANCES ET POLLUTIONS ENVIRONNEMENTALES
AU PRÉ-ST-GERVAIS

cumul-de-nuisances-et-pollutions-environnementales-pre-st-gervais

Source

 

Tous à vélo ! ballade au Pré samedi 04 juin

Une promenade manisfestive ouverte à tous !
Pour une ville douce et conviviale !

Rendez-vous dès 14h le samedi 04 juin devant le Square Edmond-Pépin.
Une étape rue Béranger à l’occasion de la fête de quartier “La rue est à nous!”
Retour prévu vers 15h.

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25 personnes,
3 possibilités

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Face à toutes les menaces, promouvoir un monde plus juste

Rappelons-nous le début des années 70 : en pleines glorieuses, le club de Rome nous avertit que le développement démographique et industriel mondial de l’époque va nous conduire à la catastrophe par pénurie d’énergie et de matières premières. Il est reçu dans le scepticisme par une société encore convaincue de la toute puissance de la science et de la technique.

Pourtant certains commencent à prendre conscience des effets du développement sur l’environnement, en particulier local. Mais sa protection reste une préoccupation marginale, la cerise sur le gâteau d’un développement industriel considéré comme incontournable. Le terme « d’externalité » employé par les économistes pour en désigner les effets négatifs sur l’environnement montre bien que ces effets ne sont pas vraiment considérés comme inhérents à l’activité elle-même. On fait au mieux du point de vue du projet d’activité, après quoi on tente d’en apprécier les effets secondaires sur l’environnement, inévitables mais généralement considérés comme mineurs en regard des bénéfices attendus. De cette époque aussi date la notion de pollueur-payeur qui met face à face un pollueur et des victimes, bien identifiés.

Avec l’affaire des pluies acides et Tchernobyl, changement d’échelle : ni les pluies acides ni les nuages radioactifs n’ont en effet le bon goût de s’arrêter aux frontières des Etats. L’anonymat gagne les pollueurs et les victimes. La solution des conflits justifie les services de la diplomatie internationale. Les gouvernements veillent cependant jalousement à ne pas hisser les questions environnementales au niveau des questions commerciales discutées d’abord au sein du GATT puis de l’OMC.

Enfin, le début des années 90 voit l’émergence dans la sphère publique des préoccupations d’environnement global, le changement climatique, la désertification et les atteintes à la biodiversité,  et celle de développement durable. On passe progressivement de l’idée d’un développement qui s’impose comme une nécessité dont on tenterait de compenser au mieux les dégâts collatéraux inéluctables, à un concept où les préoccupations d’environnement viennent faire jeu égal avec les préoccupations économiques et sociales (tout au moins sur le papier). Les écologistes prennent conscience qu’il n’est plus possible de traiter des questions de protection de l’environnement sans traiter en même temps des questions sociales et économiques.

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Un pacte pour la Terre

Pour la première fois dans l’histoire de l’Homme, notre futur commun en tant qu’espèce n’est plus certain. En seulement 200 ans, à l’âge des combustibles fossiles, l’humanité a fait assez de dégâts sur la Terre pour assurer sa propre extinction. Notre unique option est de soigner la planète et par cela, créer de l’espoir pour notre futur- au nom de l’humanité et de la communauté terrestre.

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1. C’est dans un sol vivant que se trouve la prospérité et la sécurité de notre civilisation

Notre avenir est indissociable de l’avenir de la Terre.
Nous nous engageons à protéger nos sols et notre biodiversité. Nos sols vivants deviendront des réservoirs d’eau et des puits de carbone. L’agroécologie est basée sur la réutilisation de la matière organique, et donc le recyclage des nutriments. Nous allons redonner le carbone vivant, comme matière organique à la terre, sur la base de la reconnaissance, de la responsabilité, et de la nécessité de rendre. Nous allons ainsi aider à nous adapter et à renforcer notre résilience au changement climatique. Comme Sir Albert Howard a dit, “Prendre sans donner est un vol de la terre, une forme particulière de banditisme, qui prend en compte le pillage de générations futures qui ne sont pas encore là pour se défendre. ”

2. Nos graines et notre biodiversité, nos sols et notre eau, notre air, l’atmosphère et le climat sont notre patrimoine commun

Les dons de la terre indispensables à la vie sont toujours un patrimoine commun que nous devons tous protéger et duquel nous avons tous le droit de tirer notre subsistance. Nos graines et notre biodiversité sont des biens communs. Leur brevetage pousse à l’extinction de la diversité et les paysans dans un piège de la dette. Le sol est le fondement de notre vie et de notre nourriture. L’eau est notre patrimoine commun. Elle ne doit pas être une marchandise. Elle est nécessaire à notre vie. L’air et l’atmosphère sont encore des biens communs et nous permettent de respirer tout en donnant à la Terre la capacité de réguler le climat. La pollution de l’air et les effets et émissions de gaz à effet de serre sont une privatisation de tout ce patrimoine commun.

Nous n’acceptons pas la privatisation de nos biens communs. Nous les défendons et les revendiquons avec responsabilité et solidarité.

3. La non-appropriation des semences et de la biodiversité sont les garants de la souveraineté alimentaire et de la résilience climatique

Nous nous engageons à défendre la non-appropriation de nos semences au nom de la liberté des espèces à évoluer de manière intègre et autonome. Nous revendiquons le droit des communautés partout dans le monde à récolter et semer leurs propres semences, semences que nous revendiquons comme faisant partie de notre patrimoine commun. Le fait de conserver et d’échanger des semences non hybrides, non brevetées et n’ayant subi aucune modification génétique est un droit inaliénable des paysans. Les droits des paysans ne sont pas négociables. Nous nous dressons contre toute loi comme toute avancée technologique qui viendrait remettre en cause cette liberté intimement liée à celle de la Terre Mère. Nous résistons afin que les générations futures disposent des mêmes chances en termes de nourriture et de moyens de subsistance que celles offertes à nous aujourd’hui. Ensemble, nous nous unissons pour défendre nos semences et refuser les OGM et le brevetage du vivant.

4. Le modèle d’agriculture industrielle mondialisée est un contributeur majeur du changement climatique

L’agriculture mondialisée et industrielle contribue à plus de 40% à la production des gaz à effet de serre qui viennent chambouler le climat de par la déforestation, l’utilisation d’engrais à base d’énergies fossiles, la production d’emballages et les transformations, réfrigérations et transports opérés à longue distance. Sachant qu’elle est l’une des causes majeures du changement climatique, nous ne pouvons accepter l’agriculture industrielle comme une solution à la crise climatique et à la faim. Nous rejetons les fausses solutions au changement climatique telles que l’ingénierie géologique, l’agriculture « climato- intelligente», l’amélioration génétique des semences ou « l’intensification durable ».

5. L’agroécologie, l’agriculture familiale et les systèmes alimentaires locaux peuvent nourrir le monde et permettre de ralentir le réchauffement de la planète

Nous nous engageons à pratiquer et à protéger une agriculture de petite échelle et locale, observant les principes et méthodes de l’agroécologie. Ce type d’agriculture permet actuellement de produire 70% de notre nourriture et assure la production d’aliments nourrissants et sains. Elle permet en même temps de conserver et régénérer nos sols, notre biodiversité, nos ressources en eau ainsi que de réguler notre climat. Nous nous engageons à soutenir et créer des systèmes de production alimentaire en réponse aux crises sanitaires, alimentaires et environnementales qui touchent l’agriculture. L’agriculture biologique pratiquée à petite échelle et de manière locale autorise la mise en place de circuits courts et est capable de nourrir le monde tout en ralentissement le réchauffement de la planète.

6. Le «libre-échange» en tant que libre action des multinationales est une menace pour la planète et pour nos libertés

Le mot « Liberté » a été détourné par le «libre-échange» qui a substitué à la liberté des peuples et des diverses espèces d’évoluer librement et de se nourrir celle des multinationales à détruire la planète et les économies vivrières des communautés. La déstabilisation écologique et sociale du monde observée sur les deux dernières décennies est le résultat de la déréglementation du commerce ordonnée par les accords de «libre-échange» du World Trade Organisation (OMC), eux-mêmes conçus et écrits par des sociétés et pour le bénéfice de ces sociétés.

Nous nous engageons à résister aux tentatives visant à créer de nouveaux accords de libre-échange tels que TTIP, PPT et les accords commerciaux régionaux et bilatéraux. Ces accords sont en effet fondés sur les droits des entreprises en tant que personne morale et sont conçus dans le but explicite de démanteler les droits de l’homme, notre démocratie et nos constitutions. Nous ne reconnaissons pas en tant que personnes ces multinationales. Elles ne sont que des entités juridiques à qui la société donne la permission d’exister et ce dans les limites de leur responsabilité sociale, écologique et éthique. Ces sociétés sont donc à compter parmi les responsables des changements climatiques et doivent être soumis au principe de « pollueur-payeur ».

7. Les systèmes d’économies locales protègent la planète, créent des emplois, et nous permettent de subvenir à nos besoins et à notre bien être

Les économies locales basées sur la réciprocité et la régénération du monde naturel et de la société nourrissent la vie. Les cadeaux de la nature et ses populations ne peuvent pas être réduits à des « coûts économiques ». Ces économies qui mettent l’accent sur la vie et le bien-être des personnes et non pas sur le profit des entreprises, permettent de régénérer et de renouveler les ressources et de créer de l’emploi pour tous et pour les générations futures. Nous ne participerons pas au système de production et de consommation, notamment pour la nourriture et l’agriculture industrielle, qui détruisent les processus écologiques de la Terre, de ses sols et de la biodiversité. Ce modèle déplace et déracine des millions de personnes de leur terre. Dans les économies vivantes, il n’y a pas de déchets, et il n’y a pas de « travailleurs jetables ».

8. Les Démocraties vivantes et participatives sont le fondement de la Démocratie de la Terre

Nous nous engageons à créer des systèmes de démocraties vivants et participatifs et à résister à toutes les tentatives de détournement de nos démocraties par des intérêts puissants. Nous les développerons en nous appuyant sur les principes du partage, de l’inclusion, de la diversité, et de la protection de la planète et d’autrui. Nous nous engageons à sortir du cercle vicieux de la violence et de la dégénérescence, en développant des systèmes vertueux basés sur la non-violence pour le bien-être de tous les peuples et toutes les espèces. Nous ne serons pas divisés par la peur ou la haine, mais resterons unis en tant que membres d’une seule Planète et d’une seule Humanité. Avec courage, et en s’inspirant des préceptes de Gandhi, nous ne coopérerons pas avec une humanité où les règles et lois interfèrent avec les lois écologiques fondamentales de la nature.

9. Nous sommes membres de la Communauté de la Terre dans laquelle toutes les espèces, les peuples, les cultures ont une valeur intrinsèque et les droits à la subsistance

Créons une démocratie de la Terre sur cette terre vibrante et généreuse – Terra Vivante – qui reconnait la valeur intrinsèque de toutes les espèces et tous les peuples. La pluralité des personnes et des espèces ne doit pas seulement être tolérée mais être vue comme la condition au développement de notre existence. Toute la vie, y compris tous les êtres humains, ont naturellement droit de partager les richesses de la nature afin d’assurer sa subsistance – le sol, la nourriture, l’eau, l’espace écologique et la liberté d’évolution.

Nous faisons le pacte de vivre consciemment en tant que Citoyens de la Terre, reconnaissant que la Communauté inclut toutes les espèces et tous les peuples dans leur diversité riche et animée. Les droits de la Terre Mère et les droits humains ne sont pas séparés les uns des autres et sont un continuum indivisible. La violence infligée à la terre et l’injustice infligée à l’humanité font partie du même processus. La durabilité ne peut être séparée de la justice, des droits humains et de la paix.

10. Des Jardins de l’Espoir partout dans le monde

Pratiquons l’agriculture biologique dans nos fermes, nos jardins, nos balcons, nos terrasses. Plantons des jardins de l’espoir partout comme symbole de notre pacte avec la Terre pour sa protection. C’est grâce à ces petits actes, qui ont des répercussions importantes, menés par des millions de personnes conscientes de leur pouvoir et agissant de manière unifiée et harmonieuse, que nous sèmerons les graines du changement pour la création d’une nouvelle citoyenneté planétaire, une citoyenneté qui prend soin de la Planète et d’autrui en construisant des économies et des démocraties vivantes.

Nous commençons aujourd’hui, le 9 Novembre 2015, par une plantation d’un jardin de l’espoir au Jardin Marcotte à Paris (11ème) aux côtés du réseau des AMAP Ile de France et de Cultures en Herbes, comme une première étape concrète vers cette nouvelle citoyenneté planétaire.

Nous continuerons à planter des jardins de l’espoir partout, et de semer les graines du changement qui nous mènerons vers une nouvelle Démocratie de la Terre basée sur la justice, la dignité, la durabilité et la paix.

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